Rhum, rum ou ron… les différents types de rhums

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Tout comme le vin et les autres spiritueux, un rhum n’est pas l’autre. Et devant la multitude de rhums différents, on peut se sentir perdus face aux différents types de rhums. En plus de connaître un nouvel engouement de la part des amateurs, la classification classique reste difficile.

On ne peut pas aisément classifier les rhums uniquement selon leur région ou pays d’origine. En effet, ce n’est pas le pays en tant que tel qui prédomine dans le style du rhum, mais plutôt le contexte dans lequel il a été élaboré à ses débuts, lors de l’époque coloniale.

Trois grands colonisateurs pour trois catégories de rhum

L’influence du pays colonisateur se retrouve ainsi fortement dans le rhum. C’est la puissance colonisatrice qui imposait ses méthodes de production, et c’est elle aussi qui faisait en sorte de retrouver dans la boisson les goûts qu’elle préférait.

On divise donc généralement le rhum en trois grandes catégories :

  • Aux Antilles, le rhum français, écrit « Rhum » ;
  • Le rhum britannique, écrit « Rum » et parfois aussi appelé Navy Rum ;
  • Le rhum espagnol, écrit « Ron ».

Ces trois types de rhum présentent chacun un style et des saveurs différents. Cependant, ceci ne reste qu’une catégorisation de base et une première façon d’appréhender le monde des rhums. Il vous faudra peut-être donc les goûter un à un pour vous en faire une idée plus précise !

Rhum Clément

Le rhum des Antilles, sec et fruité

Le rhum des Antilles, de style français, se range dans la catégorie des rhums agricoles. Il est connu comme offrant une saveur fine et complexe, avec des notes florales et fruitées. Créé à partir de jus de canne frais, c’est un rhum très aromatique dans lequel le goût de la canne à sucre est bien présent. Malgré cela, son goût reste assez sec.

Il est principalement produit en Martinique et en Guadeloupe, mais aussi dans d’autres endroits tels que Haïti ou encore la Réunion. Au total, il représente seulement environ 2% de la production mondiale.

Un rhum disposant du label AOC

Il est important de noter que certains rhums des Antilles sont les seuls au monde à bénéficier d’un cadre légal réglementant leur production et leurs différentes appellations. Le rhum de Martinique est ainsi le seul à détenir le label d’Appellation d’Origine Contrôlée (AOC). Ce label réglemente notamment les variétés de canne à sucre utilisées dans l’élaboration du rhum.

Mais plus qu’une simple boisson suivant des règles de production, le rhum fait aussi partie intégrante de la culture des Antilles. Chaque région a ses propres habitudes de consommation et l’on utilise même le rhum dans des recettes traditionnelles, telles que le fameux baba au rhum.

Ne serait-il pas temps de réserver ces vacances aux Antilles ?

Navy RumLe Navy Rum, lourd et épicé

Le rhum de style britannique, ou « rum », est une boisson plus lourde et typée. Très aromatique, il a de forts accents épicés. Rhum industriel, il est créé à partir de la mélasse et passe généralement par deux distillations, ce qui lui donne aussi une consistance huileuse.

Ce type de rhum est produit dans un grand nombre d’îles, telles que la Barbade et la Jamaïque, mais aussi notamment dans la région de Demerara en Guyane et à Bélize.

La boisson parfaite pour remplacer le vin et le brandy

Le rum est rapidement devenu populaire en Angleterre, bien plus qu’en Espagne et en France, et ce pour plusieurs raisons.

Tout d’abord, c’est une boisson que les Anglais pouvaient enfin créer sur leurs terres. Ils étaient jusqu’alors de grands consommateurs de vin et de brandy, qu’ils devaient importer d’Espagne et de France, leurs pays ennemis, en payant le prix fort. Le rum a donc été largement promu dans tous les foyers.

De plus, dans l’Empire britannique, il a longtemps été considéré comme un médicament très efficace. On disait notamment qu’il était bon pour le corps et permettait de vivre longtemps.

Enfin, de la moitié du 17ème siècle à 1970, le rum était distribué aux marins quotidiennement. C’est pourquoi on l’appelle aussi Navy Rum.

Havana ClubLe ron, doux et léger

Si vous ne connaissez qu’un rhum, il fait sûrement partie de cette catégorie !

Le rhum de style espagnol est le plus léger. Son caractère doux et ses arômes moins marqués font souvent de lui le rhum idéal pour les cocktails.

Les rhums appartenant à cette catégorie sont les plus consommés au monde. D’abord parce que ce sont ceux que l’on utilise le plus dans les cocktails. Mais aussi parce que ce sont des rhums plus faciles à boire pour les novices, grâce à leur goût légèrement sucré aux notes de caramel, de cacao ou de café.

Créé à partir de la mélasse, le ron est majoritairement produit à Cuba, à Porto Rico, en République dominicaine, au Venezuela, en Guyane et dans d’autres pays d’Amérique Centrale et du Sud.

La mystérieuse méthode Solera

Ces rhums utilisent généralement une méthode de vieillissement spécifique appelée « Solera ». Elle consiste à mélanger plusieurs rhums de différents âges pour créer le produit final. Celui-ci est donc un savant mélange de vieux rhums, vieillissant depuis plusieurs années, et de nouveaux rhums, récemment sortis du processus de distillation. Les Espagnols expliquaient cette méthode en disant que le vieux a le pouvoir d’éduquer le jeune, et ainsi de le rendre meilleur. Seul inconvénient : il est très difficile de déterminer l’âge réel du rhum ainsi créé.

Le rhum hispanique : le ron de l’Amérique latine

Le rhum est présent dans presque toutes les anciennes colonies espagnoles, représentant la quasi-entièreté du continent sud-américain ainsi que l’Amérique centrale et quelques îles des Caraïbes.

Dans la plupart de ces pays, les distilleries ayant survécu aux années produisent du rhum destiné à une consommation locale. Ils ne sont donc pas renommés au niveau mondial. Cependant, certaines anciennes colonies espagnoles exportent leur rhum dans plusieurs pays du monde. C’est le cas de la République Dominicaine, dont le rhum se rapproche du style cubain.

… Et des îles Canaries

Mais le rhum est aussi présent sur un territoire qui fait toujours partie de l’Espagne : les îles Canaries. C’est sur ces îles, particulièrement sur l’île de Gran Canaria, qu’ont été plantées les premières cultures de canne à sucre hors d’Asie. C’est l’un des seuls endroits européens où le climat permettait la culture de cette plante. Bien avant qu’elle ne soit importée aux Caraïbes et en Amérique latine, le territoire de Gran Canaria était donc déjà orné de vastes plantations de canne à sucre.

Certains affirment d’ailleurs que le rhum a été créé aux Canaries bien avant que les Caraïbes n’en fassent à leur tour. Le rhum canarien traditionnel le plus populaire est un rhum au miel.

Le rhum cubain, étroitement lié à son île

Qui dit Cuba pense indéniablement à ses vieilles voitures, ses cigares et … son rhum. Mais connaissez-vous vraiment le rhum cubain ?

Le rhum cubain se divise en trois catégories : le rhum blanc ou incolore (le plus jeune), le rhum ambré ou doré et le rhum brun ou foncé (le plus vieux).

L’histoire du rhum cubain est intrinsèquement lié à l’histoire de l’île.

Au 19ème siècle, l’industrie sucrière de Cuba est la première au monde. C’est à ce moment-là que l’on voit naitre les premières grandes marques de rhum cubain. L’une d’entre elles crée un nouveau type de rhum, plus léger et raffiné. D’autres distilleries commenceront ensuite à fabriquer à leur tour : le « Ron Superior ». L’île devient vite l’un des plus gros producteurs de rhum au monde, derrière la Guyane et la Martinique.

Les rhums forcés à l’exil

En 1960, Fidel Castro décide de nationaliser les distilleries et d’expulser les grandes familles. Pour survivre, ces dernières se verront forcées de continuer leur production de rhum en dehors de Cuba.

Aujourd’hui, le débat reste ouvert et enflamme les passionnés : que peut-on réellement appeler rhum cubain ? Doit-il être produit sur le sol cubain avec de la canne à sucre provenant de l’île, ou peut-on utiliser cette dénomination pour les rhums qui ont dû quitter l’île mais qui ont gardé les traditions de production ?

Certains, ceci dit, préféreront déguster leur rhum et laisser le débat dans les mains des passionnés et professionnels !

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