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Les régions productrices de rhum

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Là où l’on trouve de la canne à sucre, le rhum n’est jamais bien loin ! Les régions productrices de rhum sont réparties dans le monde entier.

Alors que les Caraïbes sont considérées comme l’épicentre de la production et de la culture du rhum, on en trouve aussi dans presque tous les pays d’Amérique latine et centrale, à petite ou grande échelle.

Plus loin du continent américain, la culture du rhum est aussi fort ancrée dans certaines îles de l’Océan indien, telles que La Réunion, Madagascar et l’île Maurice. Enfin, il est produit dans plusieurs autres pays ici et là, dès que le climat y est favorable : en Inde, dans l’Etat de la Louisiane aux Etats-Unis, en Espagne, au Portugal ou encore en Australie, où le rhum est même la deuxième boisson la plus populaire, après la bière.

Si l’on exclut Madagascar, le continent africain serait en fait le seul à ne pas avoir été touché par la folie du rhum !

Bien que la plupart des régions productrices produisent un style de rhum influencé par le style du pays qui les a colonisées, les techniques ont évolué différemment dans chacune d’entre elles. Tant et si bien qu’il existe maintenant un très grand éventail de rhums aux saveurs et arômes différents, pour des possibilités de dégustation presque infinies !

Le rhum des DOM, favori de la France métropolitaine

De la Martinique à l’île de la Réunion, en passant par la Guadeloupe et la Guyane, le rhum est fortement ancré dans la culture des Départements français d’outre-mer. Contrairement à la grande majorité des pays producteurs, les DOM ont souvent délaissé le rhum industriel pour ne produire presque que du rhum agricole.

Protection juridique et appellation contrôlée

Bien que ceux-ci ne représentent qu’une minime partie de la production mondiale, ce sont les rhums les plus consommés en France métropolitaine. Il faut dire que le pays, avec l’appui de l’Union européenne, fait tout pour protéger et supporter sa boisson aux saveurs des îles. Depuis 2007, le rhum agricole des DOM jouit d’une protection juridique et possède même sa propre appellation : « Rhum des départements français d’outre-mer ».

Cette appellation, en plus de reconnaitre le rhum agricole français comme une boisson de haute qualité, établit plusieurs critères à respecter. Ceux-ci incluent toutes les étapes de la production, depuis l’origine de la canne à sucre, qui doit avoir été cultivée et traitée sur les territoires des DOM, jusqu’aux spécificités du produit final.

Cependant, il serait faux de croire que cette régulation pousse chaque distillerie à produire un rhum similaire. Selon les territoires et les distilleries, on trouve une grande variété de rhums aux caractéristiques et profils différents.

 

La Guadeloupe : Le rhum de « l’île à sucre »

La Guadeloupe est l’un des gros producteurs de rhum des DOM. Là, le rhum est une vraie culture.

L’histoire d’amour de la Guadeloupe avec la canne à sucre commence dès l’arrivée de la plante sur ses terres. Dès le 17ème siècle, on surnomme même l’archipel « l’île à sucre ».

Il n’est donc pas surprenant que les endroits de production du rhum se soient vite multipliés en Guadeloupe. Au début du 20ème siècle, on y comptait plus de 50 distilleries. Touchées par la crise comme partout ailleurs, on compte aujourd’hui moins d’une dizaine de survivantes. Parmi les plus connues se trouve la distillerie Damoiseau, premier producteur guadeloupéen, mais aussi les distilleries Bologne et Longueteau.

Guadeloupe et Martinique, semblables et différentes

On compare souvent ces deux grands producteurs de rhum, et pourtant leur rhum est bien différent. On décrit généralement le rhum de Guadeloupe comme étant « plus suave et plus brut » que celui de la Martinique.

Au niveau de la production, les deux îles se distinguent également sur plusieurs points. Premièrement, la Guadeloupe, qui continue à produire de grandes quantités de sucre, continue aussi à produire des rhums industriels, que la Martinique a abandonnés avec la crise du sucre. Deuxièmement, la majorité de ses producteurs restent indépendants des grands groupes de spiritueux. Enfin, la Guadeloupe ne dispose pas d’AOC (Appellation d’Origine Contrôlée), qui régulerait sa production.

 

La Guyane : Un patrimoine qui a failli disparaitre

Alors que l’on trouvait encore 17 distilleries en Guyane française en 1930, il n’en restera plus qu’une quelques décennies plus tard. Il faut dire que de nombreux facteurs sont venus peu à peu fermer les distilleries : une diminution de la production de sucre de canne et des agriculteurs, ainsi que des campagnes contre l’alcoolisme qui ont mis le rhum en péril.

La seule survivante est la distillerie Saint-Maurice (ou distillerie Prévot), dont la production a été relancée dans la deuxième moitié du 20ème siècle. La distillerie s’est aujourd’hui modernisée, tout en gardant ses traditions de production de rhum à la mode guyanaise. Elle produit plusieurs rhums, tous de type agricole.

Seul héritage encore vivant d’une tradition rhumière très active dans les siècles derniers, le rhum Saint Maurice est considéré par beaucoup comme partie intégrante du patrimoine de la Guyane française.

À ne pas confondre avec les autres Guyanes

À l’époque de la colonisation, plusieurs pays avaient leur propre Guyane, toutes situées sur le plateau des Guyanes. Parmi elles se trouvait la Guyane britannique, maintenant appelée Guyana. Jusque dans les années 1970, cette dernière comptait environ 200 distilleries, preuve d’une culture intensément tournée vers le rhum. Mais le pays a connu le même sort que la Guyane française et n’en compte plus qu’une aujourd’hui, la distillerie Diamond.

 

La Martinique : La fierté du rhum z’habitant

La Martinique est le grand bastion du rhum agricole, que la population de l’île appelle aussi « rhum z’habitant ». Le rhum martiniquais est le seul à bénéficier d’une Appellation d’Origine Contrôlée (AOC), qui régit sa production depuis 1996.

L’île compte encore près de 10 distilleries et 2 domaines agricoles répondant au nom d’habitations (regroupant plantations et bâtiments d’exploitation autour d’une maison principale). Toutes fonctionnent sous les règles de l’AOC. Parmi les plus connues se trouvent l’habitation Clément, la distillerie Fonds Préville qui produit les fameux rhums JM, et la distillerie Saint-James, l’un des acteurs principaux sur le marché du rhum blanc en France métropolitaine.

L’endroit idéal pour découvrir la culture du rhum

Comme en Guadeloupe, le rhum est ici plus qu’une boisson. C’est une véritable institution qui repose sur une forte tradition. Vous pouvez d’ailleurs y visiter de nombreuses distilleries et habitations. Certaines sont même devenues de réels musées, témoins d’une tradition rhumière dont l’île n’est pas prête de se défaire.

Grande productrice de rhum, la Martinique en est aussi une grande exportatrice. Son rhum est donc largement consommé aussi bien sur ses terres qu’en-dehors de ses frontières. Une grande partie du rhum exporté est vendu en France. Il est donc facile de se le procurer !

 

L’Ile de la Réunion : Entre rhum agricole et rhum traditionnel

À des milliers de km de là, la Réunion suit les mêmes traditions. Au début du 18ème siècle, on y trouvait déjà une boisson qui n’était autre que l’ancêtre du rhum, obtenue par fermentation et distillation du jus de canne. Mais c’est au 19ème siècle que l’île a connu une réelle explosion de son industrie sucrière, qui a immanquablement mené à la création d’un grand nombre de distilleries.

Améliorations et collaborations, pour un rhum chaque fois meilleur

Au fil du temps, la majorité de ces distilleries ont disparu. Il n’en reste aujourd’hui que trois : les distilleries Rivière du Mât, Isautier et Savanna. Chacune d’entre elles met un point d’honneur à améliorer ses techniques de production et ses mélanges pour sans cesse proposer des rhums de meilleure qualité. En plus de produire chacune leurs propres rhums, elles se sont associées pour créer une marque de rhum blanc qui rencontre beaucoup de succès en France métropolitaine : le rhum Charrette.

Contrairement aux autres départements d’outre-mer, l’île de la Réunion ne se concentre pas uniquement sur le rhum agricole mais produit aussi du rhum industriel. La production de ce dernier est d’ailleurs largement majoritaire.

Le rhum de la Réunion est en grande partie consommé localement. Quant au rhum exporté, la grande majorité est destiné à la France.

 

L’Ile Maurice : Le succès après des débuts difficiles

La flamme du rhum ne s’éteindra jamais, et l’île Maurice en est la parfaite illustration !

La canne à sucre est introduite à l’île Maurice dans la première moitié du 17ème siècle par les Hollandais. Cependant, ce n’est qu’un siècle plus tard que les sucreries et distilleries vont vraiment s’implanter dans le paysage. Entretemps, beaucoup de choses se seront passées : les champs de sucre de canne seront infectés par des maladies ! La production de sucre ne décollera pas, poussant les Hollandais à quitter l’île, vite remplacés par les Français.

C’est donc sous le régime français que l’île Maurice va commencer à produire du rhum, et elle continuera sous le colonisateur britannique. Aujourd’hui, on trouve sur l’île Maurice aussi bien du rhum agricole que du rhum traditionnel.

La deuxième naissance du rhum

Après avoir hébergé près d’une quarantaine de distilleries au 19ème siècle, l’île n’en compte aujourd’hui plus que quelques-unes. Les distilleries Medine et Grays & Co sont les deux seules survivantes des distilleries du siècle passé. D’autres installations sont venues s’ajouter au début des années 2000 seulement, avec l’abrogation d’un règlement qui rendait presque impossible la production de rhum. Parmi elles se trouve la distillerie Chamarel, qui est vite devenue une marque emblématique de l’île.

Suite à cela, la production de rhum est repartie de plus belle et a connu une incroyable augmentation ces dernières années.

 

L’Amérique Latine : Un continent entier sous le signe du rhum

Tous les pays d’Amérique latine, à l’exception notable du Chili, produisent du rhum. Le Brésil et le Venezuela sont parmi les plus gros producteurs de la région.

Le Venezuela et sa législation

Le Venezuela est l’un des seuls pays disposant d’une législation ayant établi des critères de définition du rhum. Objectif : le distinguer de la simple eau-de-vie réalisée à partir de la canne à sucre, que l’on appelle « aguardiente de cana ».

On trouve encore un nombre important de distilleries dans le pays. Certaines d’entre elles sont liées à de grandes marques mondiales, comme la distillerie Pampero. Mais d’autres sont encore indépendantes, telles que les distilleries Distilerias Unidas et Santa Teresa.

Le cas de la cachaça brésilienne

Le Brésil, de son côté, produit un rhum qu’il dénomme « cachaça ». Alors que certaines cachaças sont réalisées comme le rhum, d’autres reposent sur une méthode traditionnelle mélangeant le jus de canne au maïs. Ces dernières posent débat car, dans certains pays, elles ne rentrent dans aucune classification officielle du rhum.

Contrairement à la plupart des autres pays, le Brésil compte encore d’innombrables distilleries. Leur nombre se compte même en centaines ! Parmi les plus connues se trouvent la distillerie Ypióca, la plus ancienne encore active, et la distillerie Leblon. Cette dernière produit une cachaça premium.

 

La Jamaïque : Un rhum rempli de secrets

On aurait tord de penser que la Jamaïque se limite au reggae ! L’île est aussi très connue pour son sucre et son rhum, qui font partie de son histoire depuis plusieurs siècles.

Un rhum unique au monde

Le rhum qui y est produit a toujours jouit d’une réputation sans pareil et présenté une qualité exceptionnelle. Tout en se basant sur un savoir-faire qui s’est gardé précieusement et secrètement de générations en générations, les distilleries ont continuellement modernisé le processus de création du rhum pour en améliorer la qualité.

C’est un rhum au goût très particulier que les connaisseurs pourront facilement reconnaitre. Contrairement à la grande majorité des producteurs de rhum, les producteurs de Jamaïque n’ont jamais abandonné le mode de distillation en alambics à repasse, qui donne un rhum extrêmement concentré et aromatique.

Des distilleries vieilles de plusieurs siècles

Cependant, cela n’a pas empêché la Jamaïque de connaitre elle aussi un déclin fulgurant du nombre de distilleries au 19ème siècle. Alors que l’île abritait plus de 600 distilleries dans la première moitié du 19ème siècle, il n’en reste aujourd’hui plus que 5. Parmi celles-ci se trouve la distillerie Appleton, la plus ancienne de l’île, ayant ouvert ses portes en 1749. La distillerie Myers, ouverte en 1879, est un autre grand nom de la Jamaïque.

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